
Histoire de la maison et de ses propriétaires
Remontant au XIVe siècle, cette maison fut la demeure de l’éminente famille Salvagno (Salvanos en grec). Aux influences architecturales vénitiennes et riche d’un profond héritage historique, la maison reflète le passé vibrant de l’île. Rénovée ces dernières années, elle continue de préserver le patrimoine de Corfou pour ses hôtes.
Nichée dans le village de l’Ancienne Perithia, la maison, qui fait partie d’un manoir, se dresse comme un symbole du riche patrimoine de Corfou. Construit dans le cadre de la « Contrada di Salvagno », le quartier autrefois dominé par la famille Salvagno, le manoir s’impose par sa structure imposante. Le bâtiment remonte au XVIe siècle, bien que la partie ouest de la maison soit encore plus ancienne, datant du XIVe siècle. Il est situé dans la partie sud-ouest de l’Ancienne Perithia, le plus ancien village de Corfou, qui fut aussi la capitale de la « Baronnie de la Montagne » sous la domination vénitienne. L’emplacement stratégique du manoir offrait des vues imprenables sur la mer d’Himmara et sur les sentiers de montagne escarpés qui furent longtemps les seules voies d’accès au village jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.



La maison en pierre de l’Ancienne Perithia témoigne des traditions architecturales et de l’ingéniosité de son époque, mêlant harmonieusement la fonction à l’harmonie esthétique. Construite à l’origine dans le cadre d’un manoir de 800 mètres carrés, cette partie orientale conserve l’essence de ses racines historiques tout en offrant un aperçu de la vie de la famille Salvagnos, dont l’héritage s’étend sur des siècles. D’épais murs de pierre, caractéristiques de l’architecture corfiote traditionnelle, assurent une isolation naturelle, gardant l’intérieur frais en été et chaud en hiver. L’orientation de la maison reflète la sagesse de ses bâtisseurs, qui l’ont conçue pour s’harmoniser avec les courants d’air naturels de la montagne, offrant un confort en toutes saisons.
Nichée parmi les pentes de la chaîne du Pantokrator, la végétation luxuriante qui entoure la maison évoque la tranquillité et l’autosuffisance de la vie rurale. Le vaste jardin du domaine, foisonnant de flore méditerranéenne, reflète l’esprit d’une époque où des familles comme les Salvagnos cultivaient non seulement leur terre mais aussi leur héritage. La rénovation de la maison honore son caractère historique, préservant son rôle de refuge de contemplation et d’inspiration. De sa véranda, qui offre une vue sur le jardin luxuriant, à ses charmants espaces intérieurs, cette maison incarne l’héritage durable de l’Ancienne Perithia et le prestige de la famille qui en fit sa demeure.
Au fil des siècles, le manoir appartint à d’éminentes figures de la société locale, chacune contribuant à sa riche histoire. La famille Salvagnos, une lignée de propriétaires terriens estimés et membres de l’élite rurale connue sous le nom de « Rustici Potentes », y joua un rôle central. Parmi ses membres illustres figuraient Dimos Salvagnos (1580-1641) et Kaloioannis Salvagnos, nommé « vechiardi » (chef) du village de Perithia sous la domination vénitienne. La famille comptait aussi des prêtres vénérés comme Papa-Petros Salvagnos, qui fonda l’église familiale de la Vierge Marie et du prophète Élie en 1696, et des chefs militaires tels que Stathis Salvagnos, centurion de la milice locale.
George Salvagnos (1892-1953) se distingue comme une figure d’importance nationale. Général de l’armée grecque pendant la Seconde Guerre mondiale, il devint un héros de la « Bataille des forts de Macédoine » sur la ligne Metaxas, où son commandement joua un rôle crucial dans la défense de la Grèce contre les forces de l’Axe. Réputé pour son courage et son génie stratégique, il fut une figure clé de la résistance et un emblème de la fierté nationale. Avant la guerre, en 1938-1939, George servit comme aide de camp du roi de Grèce, une fonction prestigieuse qui soulignait son importance et ses liens étroits avec la cour royale. Son héritage, à la fois de patriote et de chef militaire, ajouta encore au prestige du nom de la famille Salvagnos.
Des notaires comme Sior Spyridon Salvagnos (1748-1816) et son fils Sior Nikolaos Salvagnos (1779-1839), sénateur de l’État ionien, rehaussèrent le rang social de la famille. Leurs domaines symbolisaient la foi orthodoxe et le statut noble, attirant des personnalités de marque, dont des ecclésiastiques catholiques et le ministre de Napoléon, Triantafilos Logothetis, invité et témoin d’un mariage familial en 1807. L’héritage durable de la famille Salvagnos reflète un mélange de dévotion religieuse, d’influence politique, de bravoure militaire et de prééminence sociale.



Tout au long de son histoire, le manoir a été un lieu de rencontre pour les hôtes orthodoxes comme catholiques, reflétant la diversité religieuse et culturelle de l’île. L’église familiale, dédiée à la Vierge Marie et au prophète Élie, fut construite en 1696 par Papa-Petros Salvagnos et demeure un symbole de leur foi et de leur rang social.
Le dernier chapitre de l’histoire de la maison survint à la fin du XXe siècle, lorsque Spiros Salvanos, homme d’affaires prospère et écologiste, entreprit la rénovation de la propriété en 1999. Sa vision était de redonner vie au domaine familial et de préserver l’héritage de l’Ancienne Perithia. Des étapes majeures de son achèvement furent franchies en 2021 par sa fille Andriana et son épouse Sophia, assurant que ce joyau historique demeure un phare du patrimoine de l’île.



Recherches historiques et publications des propriétaires


